Votre enfant ne dort pas ? Ce que son sommeil essaie peut-être de vous dire.

Il faut trois histoires, deux verres d'eau et un dernier câlin. Puis un autre. Et à 2 heures du matin, des petits pieds dans le couloir… Si les nuits de votre enfant (et donc les vôtres) ressemblent à ça, vous n'êtes pas seuls.
Il faut trois histoires, deux verres d'eau et un dernier câlin. Puis un autre. Et à 2 heures du matin, des petits pieds dans le couloir… Si les nuits de votre enfant (et donc les vôtres) ressemblent à ça, vous n'êtes pas seuls.
Difficultés à s'endormir, réveils la nuit, sieste refusée, besoin de dormir collé à vous : les troubles du sommeil font partie des préoccupations les plus courantes chez les parents de jeunes enfants.
Et souvent, c'est tout l'équilibre de la famille qui en pâtit.
Si votre enfant ronfle fort, semble mal respirer la nuit ou a des douleurs, parlez-en d'abord à votre médecin ou à votre pédiatre. Mais quand tout va bien de ce côté-là, et que les rituels du coucher ne changent rien, une autre question mérite d'être posée : qu'est-ce qui empêche votre enfant de lâcher prise ?
Ce que la méthode Raconte-moi mon histoire dit du sommeil
Pour s'endormir, un enfant doit se sentir assez en sécurité pour lâcher prise. Et c'est justement là que tout se joue.
La méthode Raconte-moi mon histoire créée par Audrey Mée part d'un constat : pour l'inconscient, être allongé les yeux fermés ressemble beaucoup à la mort. Dormir, c'est un peu mourir. Dit comme ça, c'est impressionnant. Mais pour un tout-petit qui a capté, à un moment de son histoire, que la vie pouvait s'arrêter, s'endormir peut devenir une vraie prise de risque.
Et comme l'enfant capte tout ce qui se vit autour de lui, y compris ce qu'on ne lui dit pas, il peut aussi rester éveillé pour une raison toute simple à ses yeux : veiller sur ses parents. Vérifier qu'ils sont là. Leur prouver qu'il est bien vivant. Prendre soin de leurs émotions.
Ses réveils ne sont donc pas des caprices. Ce sont souvent des tentatives, maladroites mais très sincères, de se rassurer… ou de vous rassurer.
Les causes émotionnelles possibles des troubles du sommeil
Chaque histoire est unique. Voici les principales pistes que la méthode explore, avec des exemples concrets.
Une peur de mourir, souvent héritée
Un deuil dans la famille avant sa conception, une grossesse précédente qui n'a pas abouti, une grossesse ou une naissance qui ont fait peur… L'enfant peut en garder une peur profonde et inconsciente, celle que la vie s'arrête. Le soir, au moment de fermer les yeux, cette peur se réveille.
Elle se traduit souvent par des difficultés à s'endormir, des réveils la nuit ou un refus catégorique de la sieste.
La peur que vous avez eue pour lui
Beaucoup de jeunes parents ont peur de la mort subite du nourrisson. C'est très naturel. Mais un bébé capte cette peur, et il peut en tirer sa propre conclusion : « si papa et maman pensent que je peux mourir en dormant, c'est que c'est possible ».
C'est la même chose quand la grossesse a été vécue dans la peur de perdre le bébé. L'enfant peut alors se réveiller, tout simplement pour vous rassurer : regardez, je suis bien vivant.
Veiller sur vous
Un enfant peut se sentir responsable des émotions de ses parents. Par exemple :
- une maman qui s'est sentie seule au retour de la maternité : l'enfant peut vouloir veiller sur elle, refuser de dormir, ne pas quitter ses bras ;
- une naissance pendant laquelle maman et bébé ont été séparés : l'enfant peut vouloir rattraper le temps perdu et rester collé à elle, jour et nuit ;
- un allaitement douloureux : l'enfant peut se croire responsable de la douleur de sa mère, et vouloir en prendre soin.
Vérifier que vous êtes toujours là
Certains enfants se réveillent la nuit pour s'assurer que leurs parents sont bien là. On retrouve souvent cette peur d'être abandonné après :
- une séparation des parents, parfois même avant sa naissance ;
- une naissance où il a été séparé de sa maman, pour des soins par exemple ;
- une entrée à la crèche ou chez la nounou sans explication ;
- la naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur, quand ses parents sont partis à la maternité pour la nuit.
La fin de quelque chose
Un déménagement, la fin de la crèche ou de l'école, un changement de travail pour l'un des parents… Ces fins, qu'elles le concernent ou qu'elles vous concernent, peuvent bousculer son sommeil.
Un changement jamais expliqué
Il dormait dans votre chambre, puis un jour, dans la sienne. Si personne ne lui a expliqué pourquoi, il a pu se raconter sa propre histoire. C'est d'ailleurs une question que je pose toujours aux parents : où dormait-il au retour de la maternité, et comment les choses ont-elles changé ?
Quand le corps s'en mêle
Un bébé qui a souffert de reflux peut associer la position allongée à la douleur, et refuser de s'allonger pour dormir, parfois longtemps après. Et un enfant qui perçoit mal les contours de son corps (la méthode parle du réflexe de Galant) peut se sentir en insécurité, ce qui perturbe aussi ses nuits.
Bon à savoir : les troubles du sommeil n'apparaissent pas toujours juste après l'événement qui les a déclenchés. Ils peuvent surgir bien plus tard, parfois jusqu'à deux ans après, ou autour d'une date anniversaire.
Comment se passe une séance pour les troubles du sommeil ?
On commence par ses nuits. Depuis quand dort-il mal ? Est-ce que ça a commencé après un événement ? Est-ce pareil avec papa et avec maman, à la maison et ailleurs ?
Puis on retrace son histoire. Une soixantaine de questions nous permettent de remonter le fil : votre histoire familiale, la période avant sa conception, la grossesse, la naissance, ses premiers mois. Pour le sommeil, certaines questions comptent particulièrement : où dormait-il au retour de la maternité ? Avez-vous eu peur de la mort subite du nourrisson ? Y a-t-il eu des reflux, des coliques ? Comment se sont passés la reprise du travail et le début de la crèche ou de la nounou ?
Ensuite, je lui raconte. Avec des peluches et des objets symboliques, je raconte à votre enfant son histoire, avec des mots simples et sans tabou. Il comprend enfin ce qui s'est joué, et il peut déposer ce qui ne lui appartient pas : vos peurs, vos inquiétudes, la mission de veiller sur vous.
Il est tranquille. Il reste habillé, je ne le touche pas, et vous restez à ses côtés tout du long. Les plus grands peuvent dessiner pendant qu'on parle. Et si c'est un bébé, il peut même s'endormir pendant la séance : il entend ma voix.
Le soir, à la maison. Je vous donne des phrases à lui répéter tous les soirs, pendant trois semaines. Pour le sommeil, elles lui redisent par exemple qu'aujourd'hui il peut dormir tranquille, que vous savez qu'il est là et qu'il va bien. On les écrit ensemble, et je vous les envoie par e-mail. Plusieurs séances peuvent être nécessaires selon les histoires : on fait le point ensemble, et c'est vous qui décidez.
Et pour vous ? Raconte-moi mon histoire n'est pas de la kinésiologie : je n'utilise pas le test musculaire. Mais si certaines émotions sont encore très présentes chez vous, je peux vous proposer une séance de kinésiologie, pour vous. Ce que vous lâchez de votre côté aide aussi votre enfant à lâcher prise.
La présence des deux parents est fortement recommandée. Si vous êtes séparés, l'accord des deux parents est nécessaire.
En résumé
Un enfant qui dort mal n'est pas un enfant difficile. C'est souvent un enfant qui veille : sur lui, sur vous, sur une histoire qu'on ne lui a pas encore racontée. Une fois vérifié avec votre médecin qu'il n'y a pas de cause physique, mettre des mots sur cette histoire peut l'aider à se sentir assez en sécurité pour fermer les yeux.
(Et vous, à retrouver un peu de sommeil. On ne va pas se mentir, ça compte aussi.)
Je reçois les enfants et leurs parents à Paris 18e ; l'adresse vous est communiquée à la prise de rendez-vous. Avant une première séance, contactez-moi : on échange sur ce qui préoccupe votre enfant, pour préparer la séance au mieux.

